01.04.2021

Méghane Amouri, championne du Monde de combat 2019 et Maxence Alleno, champion d’Europe d’assaut 2019 n’ont pas remonté sur un ring depuis leur titre respectif. C’est grâce à l’évènement, S1 Apollo Savate Pro, organisé ce samedi 3 avril à partir de 19h qu’ils font enfin retrouver la compétition. Cette organisation est le fruit d’une collaboration entre la promotion S1 Savate Pro et un club, l’Apollo Sporting Club avec le soutien de la Fédération française de savate boxe française. L’événement aura lieu à Serris (77) à huis-clos dans le respect de la règlementation sanitaire en vigueur. Au programme, 4 chocs en élite qui seront scrutés car ce seront les premiers combats pieds-poings de l’année 2021. Cette soirée est diffusée par Fight Nation, la toute nouvelle plateforme de streaming dédiée aux sports de combats.
La Savate Pro est la formule « promotionnelle » de la boxe française avec une tenue attractive, une meilleure visibilité avec un règlement assoupli. C’est un véritable carrefour de rencontre des combattants des boxes pieds/poings.


Méghane, c’est 1m55 de muscles, de sourires et de bonne humeur. Lors de notre première rencontre, elle préparait son combat pour le titre mondial. Il y a une semaine, elle a changé d’adversaire. Initialement prévue, Shirley Alarcon est forfait suite à une blessure. C’est donc Marine Nicol, championne de France espoir qui la remplace au pied levé. A 24 ans, elle compte 7 combats pour 6 victoires. Au compteur de notre championne, 36 combats dont 25 victoires en savate boxe française. Confidences.

Mon dernier combat date du 30 novembre 2019, jour de mon titre mondial. J’avais décidé de faire une année de repos car ça faisait 5/6 ans que je voulais ce titre et que j’enchaînais les saisons. J’avais vraiment besoin de repos, d’avoir mes projets à côté et d’avancer professionnellement etc. Puis est arrivée la Covid19. On va dire que c’est un bien pour un mal car je n’ai pas été interrompue dans mon championnat alors que mes partenaires d’entraînement, les copains/copines qui faisaient leur saison ont été coupé. Il n’y a pas eu de finales, ce championnat est complément en suspens.
Aujourd’hui, j’ai l’opportunité de remonter sur le ring après un peu plus d’un an donc je suis super contente. C’est une grosse opportunité. Je sais qu’il y en a beaucoup qui voudraient être à ma place, à qui ça manque donc je monte un peu pour eux aussi.
J’ai toujours maintenu un rythme d’entraînement. Pas comme j’ai l’habitude mais je suis restée active. Le combat s’est vraiment concrétisé il y a 3 mois où Jérôme m’a donné son idée d’organiser ce gala. Il m’a dit « ca serait bien de donner l’opportunité aux athlètes de haut-niveau de boxer ». Cet évènement va permettre de retrouver des sensations. Là j’en ai vraiment besoin. Il y a eu un gros acquis avec la préparation du championnat du Monde, j’étais sur une pente qui ne faisait que grimper, j’apprenais énormément, j’avais bien évolué. Cette période me coupe l’herbe sous le pied. Cette ascension s’est complétement arrêtée. J’ai besoin de savoir où j’en suis même si on n’a pas beaucoup mis les gants, pas eu beaucoup d’entraînement. Savoir si j’ai toujours ce niveau, si j’ai régressé, si je peux encore progresser. Je pense que je peux encore progresser donc c’est très important pour moi d’avoir des sensations de combat et de remonter sur le ring.
La préparation est assez dure. Il faut trouver les salles ouvertes, les personnes avec qui on peut s’entraîner. Sur ce point, je suis contente car nous sommes trois/quatre athlètes de haut-niveau à Levallois avec Maxence, Julie, Sarah, etc. Avec le couvre-feu, le planning de tout le monde ne peut s’accorder donc je vais dans d’autres salles. J’ai mon préparateur physique le matin. La salle où j’allais a fermé. C’est de la débrouille mais si on veut, on peut ! Je me donne les moyens de réussir, on fait en sorte que ça se déroule pour le mieux.




C’est un mélange d’excitation et de crainte de remonter sur le ring. On a hâte car c’est ce que j’aime faire et ça me manque. Mais c’est aussi une grosse remise en question, on n’a pas envie de décevoir car j’étais au top quand tout s’est arrêté. Je sais qu’on m’attend au tournant, qu’il faut encore que je sois crédible. Je vais tout faire pour gagner.
On est tous dans le même contexte. C’est clair que mon adversaire n’est pas non plus dans de bonnes conditions de préparation. On est donc sur un pied d’égalité. Je ne sais pas comment elle a préparé ce combat, comment elle a maintenu sa forme.
La catégorie des -52kg me va bien au niveau de la vitesse, de la puissance et du profil des combattantes. J’ai déjà combattu en -56kg lors de mes tous premiers combats, c’est différent en termes de puissance. Les combattantes sont plus grandes alors que je suis petite.
C’est un beau challenge qui m’attend. L’organisation est vraiment carrée car c’est du Jérôme Huon et avec Benjamin, le dirigeant de l’Apollo Sporting Club. Ils se donnent vraiment à fond pour promouvoir la savate boxe française et la savate pro. Ça va être une soirée inédite en pieds/poings. On n’a pas eu de galas ou de championnats depuis longtemps en pieds/poings. J’espère que les gens ne seront pas déçus et qu’ils seront présents derrière leur écran.
Step by step. Focus sur ce combat. On était djà focus sur un autre combat au début de la saison, c’est pour ça que j’ai pu maintenir ma forme. On a essayé de chercher des combats plutôt en kick-boxing et en K1 pour m’ouvrir à d’autres choses sur mon panel technique et parce que j’avais envie de savoir ce que c’est d’aller un peu plus à la bagarre, de prendre des tibias, d’avoir des techniques et un public différents.
Après ce combat, on va continuer à s’entraîner, à essayer le kick-boxing et pourquoi pas y avoir des propositions.




Les différences avec la savate c’est qu’il y a les coups portés par les tibias et qu’on ne porte pas de chaussures. La tenue est short et brassière alors qu’en savate nous avons une combinaison.
En espérant également que notre Fédération propose un championnat en fin 2021. Je serai super impatiente de reprendre des combats et remettre le titre en jeu.
C’était une année superbe car j’ai eu beaucoup de retours positifs sur mon travail car je suis coach sportive. L’aire du digital m’a permis de garder le contact avec nos Baby kangourou en faisant des lives le samedi matin sur la page Facebook de la section. J’adore ! Il faut garder ce lien avec nos petits qui commencent une pratique. On sait très bien que c’est à force de répéter les choses qu’on apprend, surtout à cet âge-là. J’apprécie de le faire. On va voir comment ça évolue, on espère reprendre vite avec eux le samedi matin en salle.
Je suis bien encadrée. Je pense que c’est grâce à cet entourage que j’arrive à me remotiver, à me mettre dedans. J’ai une grosse équipe : Jérôme qui m’entraîne, mon préparateur physique le matin, une diététicienne car faire le yoyo de poids qui n’est pas bon pour le corps, il me faut être sérieuse et rigoureuse et le faire dans de bonnes conditions.

Rendez-vous samedi 3 avril pour la bagarre !



Le mot du coach et co-organisateur, Jérôme Huon



Je suis l’initiateur du projet et je me suis associé avec la franchise de salles de boxe Apollo Sporting Club qui supporte une bonne partie de l’organisation et notamment la communication. Un des premiers objectifs était de proposer des objectifs aux sportifs en boxe française et plus particulièrement à Méghane. Mais également mettre la lumière sur notre discipline parce qu’on a la chance d’avoir des sportifs de haut-niveau classés sur liste ministérielle qui ont la possibilité de déroger aux restrictions sanitaires. On est un peu les seuls, hormis la boxe anglaise, des boxes pieds/poings à avoir ce statut de sportifs de haut-niveau. C’est une opportunité qu’on saisit pour être les seuls à briller dans l’univers des boxes pieds/poings.
Purement coach, Méghane et Maxence ont vraiment été sérieux. Depuis le début, ils n’ont pas lâché. Pendant le premier confinement, on les a accompagnés en faisant quelques visios sur Zoom, ils ont eu des programmes durant l’été. Ils ont toujours maintenu une certaine dose d’entraînement. Sans objectif sportif, c’est difficile. Cela fait un an et demi qu’ils ne sont pas montés sur le ring. Un sportif a besoin d’un objectif de compétition. S’entraîner c’est bien mais il faut des échéances de compétition pour garder sa motivation, sa détermination. Le premier objectif, c’est d’avoir un objectif.
Niveau sportif, c’est des challenges sportifs. Maxence va retrouver Pierre-Ley Desarme. Ils sont coéquipiers en équipe de France. Il est champion d’Europe dans la catégorie au-dessus de celle de Maxence. En assaut, c’est le contrôle des techniques qui est jugé. Les coups sont portés mais doivent être contrôlés. Il y a donc plus de risques techniques et ça ne pose pas trop de problèmes d’être plus léger car le poids influe moins sur la performance.