01.04.2021

Méghane Amouri, championne du Monde de combat 2019 et Maxence Alleno, champion d’Europe d’assaut 2019 n’ont pas remonté sur un ring depuis leur titre respectif. C’est grâce à l’évènement, S1 Apollo Savate Pro, organisé ce samedi 3 avril à partir de 19h qu’ils font enfin retrouver la compétition. Cette organisation est le fruit d’une collaboration entre la promotion S1 Savate Pro et un club, l’Apollo Sporting Club avec le soutien de la Fédération française de savate boxe française. L’événement aura lieu à Serris (77) à huis-clos dans le respect de la règlementation sanitaire en vigueur. Au programme, 4 chocs en élite qui seront scrutés car ce seront les premiers combats pieds-poings de l’année 2021. Cette soirée est diffusée par Fight Nation, la toute nouvelle plateforme de streaming dédiée aux sports de combats.
La Savate Pro est la formule « promotionnelle » de la boxe française avec une tenue attractive, une meilleure visibilité avec un règlement assoupli. C’est un véritable carrefour de rencontre des combattants des boxes pieds/poings.

Son dernier combat date d’octobre 2019 et son titre de champion d’Europe d’assaut. Maxence évolue habituellement en -65kg en assaut et pour ce combat il va monter dans la catégorie supérieure. Pour l’ingénieur en impression 3D, il a fallu prendre 3kg. Entretien.



C’est un peu long. J’adore ce sport donc ça aide un petit peu à garder la motivation. Lors du premier confinement, on avait juste eu un premier décalage des championnats de France en mai donc j’avais continué l’hygiène de vie. Je m’entraînais à Nantes à distance dans mon appartement, dans environ 4m², que j’avais réorganisé. J’avais gardé l’objectif des France. Ensuite, ils ont été reportés en septembre. Donc j’ai fait une coupure jusqu’à mi-juillet qui était très importante pour se ressourcer, reprendre de l’énergie. J’ai repris petit à petit fin juillet/début août. Les championnats de France ont encore été décalés en novembre pour être rapidement annulés début septembre. Du coup, j’ai refait une petite pause car on se doutait de comment ça allait se profiler niveau confinement. J’ai donc repris sérieusement début décembre car on a eu un stage avec l’équipe de France donc ça faisait une échéance où il fallait être en forme. Puis, il y en a eu d’autres qui ont été organisé, ça faisait d’autres jalons même si ce n’était pas des compétitions. Mais on se disait qu’il fallait être un peu plus en forme que la fois précédente. Ça donnait des objectifs d’entraînements mais surtout on a pu revenir à la salle ce qui permettait de vraiment boxer. Avant, on faisait des entraînements aménagés chez soi et de la préparation physique. Depuis début janvier, on est à la salle donc c’est plus facile.
ça fait maintenant 3 semaines que je suis en préparation pour ce combat. Je m’entraînais au même rythme qu’actuellement. Je ne m’entraîne pas avec une charge énorme vu qu’en assaut on a l’habitude de faire plusieurs combats de suite. Ce n’est pas la même pression que lors d’un championnat avec enjeu. Là il y a surtout une envie de bien faire, de reprendre bien.

L’objectif de ce combat c’est de prendre que du plaisir, retrouver la sensation du ring, d’attendre la décision, des choses qu’on n’a plus du tout à l’entraînement. C’est vraiment ça, cette sensation d’être sur un ring et d’avoir ces 3 reprises où il faut être à fond, où on n’a pas le choix il faut tout donner. C’est surtout avoir l’opposition car quand on s’entraîne avec nos partenaires ce n’est pas la même chose. On s’adapte en fonction de ce que doit préparer l’autre. On est sur des exercices alors qu’en compétition c’est un contre un et on se donne à fond. Le monde de la boxe reste un peu petit donc on connaît les adversaires, on commence à avoir rencontré souvent les mêmes personnes.
C’est un bon challenge car Pierre-Ley était avec moi l’année dernière en équipe de France. C’est un très bon boxeur. On a deux profils totalement différents. Il boxe à l’instinct alors que je suis plutôt dans le développement de ce que je sais faire. Je suis très content de le boxer. Techniquement, il est très très fort donc c’est encore plus une chance de le boxer vu que nous ne sommes pas dans la même catégorie de poids.
Prendre 3 kg ce n’est pas facile pour moi car je ne prends pas. J’augmente les rations. En trois semaines, prendre du muscle c’est compliqué. Je mange un peu plus riche, je vais moins faire attention à ce que je mange. Il vaut mieux ce problème dans ce sens-là que dans l’autre. Mon poids de forme au quotidien c’est environ 62/63kg.



Malheureusement après ce combat, on est dans le flou. Les compétitions ne pourraient reprendre que seulement cinq semaines après que les salles aient réouvertes au grand public. L’organisation de combat en huis-clos est limité vu que seuls les sportifs de haut-niveau peuvent déroger pour s’entraîner. Vu qu’on est un sport amateur, c’est difficile de trouver des combattants. On va attendre et boxer pour le plaisir. Dès qu’on aura des nouvelles échéances, on remettra beaucoup plus la machine en marche.
Je me sens bien, ça redonne un gros coup de motivation. Je suis très content. Boxer sans enjeu, s’entraîner sans objectif c’est bien mais ce n’est pas pareil. On a besoin d’avoir cette carotte de compétition. On a besoin de se dire il y a un titre à aller chercher. On reste des compétiteurs, on fonctionne beaucoup à ça.

Niveau préparation, je m’entraîne trois fois par semaine. Je vais accélérer un peu plus le rythme, faire un peu plus de préparation physique.
C’est une chance de pouvoir participer à cette soirée quand on voit la fight card. Je suis content que les organisateurs aient pensé à moi et de mettre au programme un combat d’assaut. Ca permet de mettre en avant d’autres parties de la boxe française. Montrer qu’il n’y a pas que le combat, qu’il y a aussi de l’assaut. Ca va être une très belle soirée et je suis content d’en faire partie.



Le mot du coach et co-organisateur, Jérôme Huon



Je suis l’initiateur du projet et je me suis associé avec la franchise de salles de boxe Apollo Sporting Club qui supporte une bonne partie de l’organisation et notamment la communication. Un des premiers objectifs était de proposer des objectifs aux sportifs en boxe française et plus particulièrement à Méghane. Mais également mettre la lumière sur notre discipline parce qu’on a la chance d’avoir des sportifs de haut-niveau classés sur liste ministérielle qui ont la possibilité de déroger aux restrictions sanitaires. On est un peu les seuls, hormis la boxe anglaise, des boxes pieds/poings à avoir ce statut de sportifs de haut-niveau. C’est une opportunité qu’on saisit pour être les seuls à briller dans l’univers des boxes pieds/poings.
Purement coach, Méghane et Maxence ont vraiment été sérieux. Depuis le début, ils n’ont pas lâché. Pendant le premier confinement, on les a accompagnés en faisant quelques visios sur Zoom, ils ont eu des programmes durant l’été. Ils ont toujours maintenu une certaine dose d’entraînement. Sans objectif sportif, c’est difficile. Cela fait un an et demi qu’ils ne sont pas montés sur le ring. Un sportif a besoin d’un objectif de compétition. S’entraîner c’est bien mais il faut des échéances de compétition pour garder sa motivation, sa détermination. Le premier objectif, c’est d’avoir un objectif.
Niveau sportif, c’est des challenges sportifs. Maxence va retrouver Pierre-Ley Desarme. Ils sont coéquipiers en équipe de France. Il est champion d’Europe dans la catégorie au-dessus de celle de Maxence. En assaut, c’est le contrôle des techniques qui est jugé. Les coups sont portés mais doivent être contrôlés. Il y a donc plus de risques techniques et ça ne pose pas trop de problèmes d’être plus léger car le poids influe moins sur la performance.